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Tchad : de la dictature à la monarchie absolue avec la bénédiction de la communauté internationale.

Après 28 ans environ passées au pouvoir, Idriss Deby reste insatisfait de son règne, des pillages, détournements, asservissement et tous les maux qui vont avec à l’endroit de son pays et surtout de son peuple.

Ibangolo Maina Abel

Suite à son hold-up électoral d’avril 2016, Idriss Deby se lance dans une politique des plus répressives de son peuple en interdisant toutes manifestations et actions de protestation pacifique. Il ne s’empêche pas de couper Internet quand il veut.

En 2016, il avait coupé Internet pendant plus de 6 mois fermant les frontières numériques entre sa population et le monde extérieur surtout la forte diaspora opposée à son régime.

En 2017, des mesures anti-sociales ont été prises pour punir cette population qui commence de plus en plus à s’opposer à son régime. Ainsi, plusieurs mesures ont été mises en place sans concertation avec les syndicats représentants les travailleurs. Il a été mise en place une coupe sur tous les salaires des travailleurs.

En avril 2018, Idriss Deby organise un simulacre de Forum National Inclusif où ne sont invités que les membres de son parti, le Mouvement Patriotique du Salut (MPS) et ses alliés. Lors de ce forum, un projet de modification de la Constitution a été proposé avec la suppression de plusieurs institutions et surtout du poste de Premier ministre donnant ainsi le plein pouvoir au Président.

Malgré le rejet du projet de modification constitutionnel, Idriss Deby et son parti sont passé de force le 30 avril en adoptant la constitution par un simple vote des députés à l’assemblée Nationale, excluant la participation dans la salle, des députés de l’opposition démocratique.

Le clergé catholique, la société civile et les partis politiques avaient appelé à un référendum populaire comme stipulé dans la constitution mais rien à faire, Deby a fait voter la constitution uniquement par ses députés faisant passer le Tchad vers la 4ème République comme il l’appelle.

La semaine précédant l’adoption de la constitution, la population Tchadienne de différentes villes s’était organisée pour manifester. Deby et sa police avait une fois de plus encore opté pour une démonstration de force en faisant sortir la grosse artillerie militaire dans la capitale. La zone où se situe le siège de l’assemblée Nationale avait été une zone militaire. Toutes voies menant vers le siège de l’assemblée nationale avaient été une zone de guerre.

Après l’adoption de la constitution par une assemblée nationale mécanique, Idriss Deby devient monarque et tout puissant. Encore plus puissant qu’il n’a été depuis 28 ans. Désormais, il est le chef d’État et aussi le chef du gouvernement qui n’a de compte à rendre à personne avec le pouvoir de dissoudre et le gouvernement et le parlement à son bon vouloir.

Contre toute attente, malgré la laïcité de l’Etat inscrite dans la constitution, Idriss Deby forme un nouveau gouvernement de 29 membres à qui il impose un serment confessionnel devant la cour suprême.

Madeleine Alingué.

C’est dans une atmosphère tendue que les nouveaux membres du gouvernement avaient prêté serment. D’abord, l’ancienne porte-parole du gouvernement, Madeleine Alingué, ministre de la communication reconduite à son poste avait refusé de prêter serment avec la phrase « Allah tout puissant » du fait de sa foi chrétienne. En lieu et place du nom Allah elle a préféré dire Dieu. Le président de la cour suprême avait

sommé cette dernière de prononcer le nom Allah au lieu de Dieu à 2 reprises. Elle avait refusé d’obéir et ce dernier a fini par ordonner à la ministre de disposer. Ce qu’elle avait fait.

Quelques minutes plutard, une seconde ministre, Rosine Djibergui Amane quant à elle demandé au Président de la cour suprême de lui permettre de faire un serment d’engagement face au peuple Tchadien et non sur la Bible. Selon elle, sa foi et sa religion chrétienne ne lui permettent pas de «Jurer ni au nom de Dieu ni sur quoi que ce soit». Le président du tribunal avait rejeté cette requête en exigeant qu’elle jure comme écrit. Ce qu’elle a refusé de faire.

Djibergui Rosine

En refusant de jurer sur le Coran et la Bible en présence d’Idriss Deby, la réaction de ce dernier ne s’était pas fait attendre. Rosine Djibergui avait été remplacé automatiquement et sur le champ par le Général Mahamat Rozzi qui sans un décret signé avait prêté serment.

Avec toutes ses dérives autocratiques, la communauté internationale reste silencieuse. Le silence de cette communauté internationale se justifie par le fait qu’Idriss Deby est un va-t’en guerre qui n’hésite pas à envoyer ses soldats faire le sale boulot. Ainsi donc, cette communauté internationale se vautre en sacrifiant le peuple Tchadien au nom de la lutte anti-terroriste.

La société civile, les partis politiques, les religieux et toutes les voix qui s’opposent à Idriss Deby sont réduits au silence par lui et complètement ignorées par la communauté internationale qui continue d’apporter son soutien à ce dernier.

Avec cette imposition de serment confessionnel, le Tchad perd définitivement son statut d’État laïc comme stipulé dans sa constitution taillée sur mesure. On se demande si les non-croyants et non-religieux auront-ils droit de gérer la cité au Tchad?

Ibangolo Maina Abel

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