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Saleh KEBZABO, chef de file de l’opposition appel le peuple Tchadien à se mobiliser le 30 avril

Après un pillage massif des ressources nationales dont la conséquence directe est la paupérisation massive des populations tchadiennes, M. Idriss Déby Itno a déclenché une nouvelle fuite en avant politique dans le seul but de se mettre à l’abri, ainsi que sa famille nucléaire. C’est le but inavoué du « forum » inclusif organisé de façon unilatérale en mars dernier à N’Djaména. En fait de forum, l’on a plutôt assisté à un congrès élargi du MPS qui a mobilisé un millier de personnes triées sur le volet, après le refus de l’opposition d’y prendre part.
A ce propos, il est important de souligner que l’opposition a vu juste en proposant un dialogue inclusif. Le forum fut tout, sauf un lieu d’échanges riche et ouvert. Comme nous le pressentions, tout était bouclé et aucune ouverture n’était laissée à un quelconque contradicteur. L’opposition n’y est pas allée et elle a eu raison.
Les conclusions du forum, livrées dans un rapport dont l’inconséquence le dispute à l’incohérence, connaissent une précipitation dans sa mise en œuvre dont seul Déby a le secret. Un comité de suivi chargé de rédiger les modifications constitutionnelles s’est vu livrer un projet de constitution clé en main adopté en une demi-journée. Quant au gouvernement, il n’eut que le temps d’une heure de conseil des ministres pour le convertir en projet-de loi, et le Premier Ministre n’a même pas eu le privilège d’être informé de la suppression de son poste.

Depuis, une folle course a été engagée à l’Assemblée nationale, réquisitionnée pour la sale besogne de l’adoption d’une Constitution taillée sur mesure. Déby l’obtiendra sans coup férir, car les députés lui doivent de s’être autoproclamés à la fin de leur mandant de quatre ans en 2015. C’est donc un renvoi de l’ascenseur qui leur est demandé, et ils le feront à l’unanimité le 30 avril par un vote quasi mécanique qu’ils maitrisent sans honte depuis huit ans.

En effet, à l’Assemblée Nationale aussi, les députés de l’opposition, à l’exception d’une ou deux brebis galeuses habituées à se gaver de soupe poisseuse, ont unanimement choisi de prendre la décision patriotique de ne pas participer à cette entreprise de destruction nationale. Joignant le geste à la parole, ils ont déserté toutes les réunions jusqu’à nouvel ordre, saisi le Secrétaire général de l’ONU pour l’informer du désastre imposé au Tchad par Déby, et promis de mener des actions plus visibles et audibles.

Les fameuses réformes institutionnelles du candidat sont-elles celles qui ont été adoptées ? Assurément pas, car tout se fait dans l’improvisation. Après avoir subi une défaite cinglante le 10 avril 2016, Déby n’a pas osé organiser les élections législatives dans la foulée de la présidentielle comme il l’avait programmé. Deux ans après, pense-t-il que la situation a évolué en sa faveur ? Le voilà, égal à lui-même, qui galope seul pour annoncer des élections législatives en novembre. Sans attendre la mise en œuvre de la nouvelle architecture de l’administration territoriale, sans réviser les lois régissant les élections, sans une CENI consensuelle et, surtout, sans dialogue avec les acteurs politiques qui sont concernés par les élections. ​​​​​
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En attendant que des actions populaires soient engagées d’ici au 30 avril, il n’est pas superflu de souligner que la nouvelle Constitution, au-delà du coup d’état institutionnel perpétré par Déby, est un véritable crime contre le Tchad. Déby seul sera aux commandes, plus qu’il ne l’était déjà. C’est un potentat toujours avide de plus de pouvoir qui vient de confirmer sa soif inépanchable d’un pouvoir absolu qu’il exerce depuis 28 ans sans partage. C’est un défi, un de plus, lancé au peuple tchadien dans son ensemble, y compris dans son propre camp qui assiste, médusé, à la fin de la République.

Car, cette fameuse 4ème République unilatéralement instituée par M. Idriss Déby Itno n’est autre chose que la mort de la République déjà agonisante. Le signe annonciateur était le refus du dialogue instauré par M. Pahimi Padacké Albert qui a esquivé toutes sortes d’interpellations par l’Assemblée nationale, elle-même affaiblie par son Président qui ne possède pas et n’a pas voulu acquérir de culture parlementaire malgré sept années de pratique. C’est ce tandem qui a fait le lit du pouvoir actuel et encensé M. Idriss Déby Itno pour en faire un demi-dieu, et entraîner le pays tout entier dans ce gouffre où il s’est enlisé.

Le comble, c’est que, dans son mépris habituel et constant du peuple, celui-ci ne sera pas appelé à se prononcer sur des réformes aussi profondes. Il est appelé à voir et à se taire !

Que faire ? Oui, c’est la question que se posent tous les démocrates politiques et sociaux. Que faire face à tant d’impérities et de viol des consciences ? Une seule réponse : lutter. Oui, seule la lutte libère. Elle doit être menée avec, méthode, intelligence et abnégation pour relever ce défi commun.

C’est pour cela que j’invite tous les patriotes à l’unité, pour en finir avec ce système antinational qui cherche à hypothéquer pour toujours notre avenir. Nous devons protester, refuser, nous indigner et nous révolter pour sauver le Tchad.

Oui, cela est possible !

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