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Politique : Réforme de la constitution, encore une perte de temps inutile

Les réformes institutionnelles en cours au Tchad suscitent de nombreuses réactions. Diversement appréciées, ces reformes réveillent les vieux démons qui ont toujours hanté la vie politique du pays. Devant aboutir à l‘élaboration d’une énième constitution, lesquelles consultations n’ont rien de nouveau si ce n’est pour imposer aux Tchadiens une autre forme de domination et également, un moyen pour une poignée d’individus de se délecter impunément.  C’est un abus de plus qu’on veut légaliser.

Ayant pressenti une défaite assurée lors des présidentielles de 2016, le président Idriss Deby Itno qui n’avait plus rien à proposer au peuple est allé ressusciter un débat qu’il avait lui-même enterré en 2006 en sautant le verrou de la limitation de mandat présidentiel.  Les acteurs politiques et de la société civile, chargés de la rédaction de la constitution se déchirent sur un certain nombre de points pourtant déjà résolus à mainte reprise. 

Des solutions aux tergiversations qui caractérisent l’avancée des travaux des réformistes existent et on peut les trouver dans les résolutions de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) de 1993. Certains chefs de partis comme Joël Oulatar, président national de Tchad-Avenir ont même élaboré un projet de constitution parfaitement adapté au paysage politique tchadien. Il suffit simplement de s’inspirer de ce document pour présenter au peuple une constitution qui puisse enfin répondre à ses aspirations sans perdre de temps inutilement sur par exemple, la limitation de mandat présidentiel ou pas ou encore, la question de langues nationales ou du découpage administratif.

Le président de Tchad-Avenir propose dans son projet de constitution intitulé «la constitution du Tchad de demain» que le mandat présidentiel soit renouvelable qu’une fois. Titre 1er article 9 «le président de la république est élu pour un mandat de 7 ans au suffrage indirect par un collège électoral comprenant les membres de l’Assemblée Nationale et les membres de la chambre des délégués, réunis en congrès», le président sortant est rééligible une fois soit deux mandats de sept (7) ans au maximum». A l’article 13, il est écrit « le gouvernement est organisé en 19 départements ministériels dont quinze (15) départements ministériels à dénomination fixe, invariable et précise ».

Pour ce qui concerne la subdivision administrative, M. Joël Oulatar retrace dans son projet de constitution que le territoire du Tchad est de 1.284.000 K2, divisé en quatorze (14) préfectures. Il estime que le français est largement suffisant comme seule langue nationale. L’arabe et le sara seront parlés comme deux langues nationales en usage dans les médias. L’auteur de « la constitution du Tchad de demain » se dit profondément indigné par le comportement de quelques acteurs qui sans l’avoir consulté ont plagié son projet. Ces derniers s’agitent autour de son idée alors qu’ils pouvaient l’inviter juste pour qu’il puisse leur fournir d’amples détails et les raisons qui l’ont motivé à présenter un tel document. Il rappelle qu’il avait écrit « la constitution du Tchad de demain » en 2012 à un moment où personne n’avait envisagé le scenario à l’allure propagandiste de Deby de 2016.

Quant à la réforme constitutionnelle en vue, il faut que les différents acteurs s’accordent à présenter un texte accepté de tous. Aussi devraient-ils prendre en compte les avis de tous parce que, si les rumeurs sur le découpage administratif se confirment, ils seront responsables d’éventuelles difficultés.  Qu’ils laissent de côté les calculs politiciens qui vont dans l’intérêt du président de la république qui, un jour s’en ira alors que le Tchad demeurera pour toujours et ses enfants veulent vivre dans un climat de paix sans faire recours fréquemment à des reformes inutiles. 

 

Kodibaye Christian

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